Les engrais naturels

Sur l’Aubrac, il est rare que les vaches passent l’hiver dehors. Elles seront alors logées dans deux sortes de bâtiments. Ceux produisant du lisier ou dans d’autres produisant du fumier. Dans le premier cas les vaches sont hivernées en étable entravée ou en stabulation caillebotis-logettes. Dans le second cas elles peuvent être en étable entravée avec paillage au niveau des pattes arrières et de l’évacuateur, ou bien, en stabulation libre paillée. Elles peuvent y rester entre 4 et 6 mois suivant l’altitude, la nature du sol, le mode de production de l’exploitation ou encore le climat présent aux périodes de rentrée et sortie des animaux.

Le lisier

Ce que l’on appelle ” lisier ” est un mélange d’excréments, d’urine et d’eau. Le lisier est le plus communément de vache, de brebis, de chèvres ou de porc.

Quand épandre son lisier ?

Certains vont me dire , “ben quand la fosse est pleine pardi ! ” Et oui, bien sûr ! … Mais non, loupé !

L’idéal pour optimiser son épandage est justement de ne pas le faire lorsqu’on s’en trouve obligé ! Mais plutôt quand le moment est opportun ! Pour que vous puissiez désormais épandre votre lisier toujours au bon moment, je vais vous révéler UN SECRET…  Portez LA CAPACITE DE STOCKAGE de votre fosse à 6 MOIS !

En effet, le lisier va libérer ses unités d’azote rapidement, il faudra donc l’épandre au plus près des besoins de la plante. Ce sera donc, au printemps,  environ 15 jours avant la pousse de l’herbe. Il pourra être épandu aussi après déprimage* et tant que l’herbe continuera à pousser. On veillera bien sûr à respecter les périodes légales d’épandage ( mise aux normes, directive nitrate, conditionnalité des aides ).

S’il a été mis sur une parcelle où les animaux doivent pâturer ensuite, il faudra attendre un minimum de 3 semaines entre l’épandage et le pâturage.

*déprimage : première pâture de printemps.

Quelle quantité épandre ?

https://www.agri72.fr/bibliotheque_pdf/Infos%20Conseils/Elevage/Prairies/20171006_2017_FertiOrgaPrairie_versiondefinitive.pdf

La quantité à épandre sera fonction du type de lisier que vous produisez. Peu dilué, dilué ou très dilué. Car de la dilution dépendra le nombre d’unités d’azote au M3 ( mètre cube ) que contiendra votre lisier. On pourra épandre l’équivalent de ce que l’on aurait apporté avec une fumure classique type ammonitrate 33,5  ( 33,5 unités d’azote à l’ha ).

Il est à noter que contrairement aux rumeurs largement répandues, ainsi qu’à ma croyance,  le lisier n’acidifie pas les sols :  https://www.lgseeds.fr/fr/valoriser-l-engrais-de-ferme

Le Fumier :

La composition du fumier est, à l’origine, la même que le lisier (issu de  déjections animales ). La différence tient au fait que l’on rajoute dans la stabulation, de la paille ( mais ce peut être aussi des copeaux de certains bois ou d’autres issus de végétaux ). Le produit ainsi obtenu est solide contrairement au lisier qui est liquide. Une autre différence avec le lisier est qu’il n’est pas conseillé de l’épandre en l’état. On peut :

– soit le composter ( passage d’un retourneur d’andain )                                        -soit le stocker au champs pendant un an minimum. Ceci provoquera une montée de température au sein du tas de fumier qui s’assainira naturellement de cette façon.

A quel moment épandre son fumier ?

Le fumier se dégrade plus lentement que le lisier. On peut l’enfouir lors d’un retournement de parcelle, dans ce cas là, ce sera la première opération effectuée ( après désherbage si besoin ).

Sur prairie il est conseillé de l’épandre  à l’automne après la dernière coupe ou le dernier passage des animaux sur la parcelle. L’hiver, notamment avec l’effet ” gel-dégel “, finira ensuite de l’émietter. Si l’épandage est tardif en fin d’hiver, pour des raisons liées au climat le plus souvent ( automne trop humide pour permettre le passage du matériel ), je recommande de passer un coup de herse étrille après l’épandage.

Quelle dose/ha ?

Avec le fumier, il ne faut pas dépasser 40 Tonnes/ha, la prairie serait surchargée et la dégradation deviendrait laborieuse.

La CUMA à laquelle j’adhère possède un épandeur à fumier d’une capacité de 12 Tonnes. Sur mes prairies ( toute l’exploitation est en herbe ), j’ai l’habitude de mettre environ 1,5 à 2 épandeurs à l’hectare. ( laissez un commentaire si vous faites différemment, et si vous voulez apporter des précisions en particulier sur les parcelles avec travail du sol. )

La rumeur populaire prétend que les parcelles qui reçoivent du fumier résistent mieux à la sécheresse ! Quelqu’un pourrait il me dire s’il a le recul nécessaire pour vérifier ces dires ?

Le digestat :

On appelle Digestat le résidu ( plus ou moins solide ) du processus de méthanisation. L’autre résidu étant le gaz.

Mon exploitation fait partie d’une société utilisant ce processus de méthanisation. Elle est composée de plusieurs exploitations situées sur la commune d’Argences en Aubrac ( et limitrophes ) dans le Nord- Aveyron. Cette usine s’approvisionne uniquement avec les lisiers et fumiers produits sur les fermes environnantes qui adhèrent au projet.

Caractéristiques du digestat :

Le digestat peut être liquide ou solide.

Pour avoir une valorisation maximale d’un digestat sous forme liquide, il est impératif de l’épandre avec une tonne à lisier à pendillards.

Au contact de l’air, certains éléments peuvent se volatiliser comme l’ammoniac.

Au niveau de la matière organique, il y aura une perte de l’ordre de 30 % équivalente à un début de compostage.

Son niveau d’odeurs sera plus bas que le produit entrant.

Les éléments fertilisants ( NPK ) seront conservés mais sous forme différentes. L’azote organique ” stable ” ( N ) sera ainsi transformé en ammonium ( NH4+ ), mieux assimilable par les plantes, on parle de minéralisation de l’azote.

source : http://www.metha-paca.fr/wp-content/uploads/2018/06/ARE1805.201.ENV_.VALOMOII.Etude_Digestats_VF.pdf

En résumé, les déchets organiques de l’exploitation sont en fait une richesse pour l’agriculteur. Ils constituent une fumure naturelle des sols évitant l’emploi d’engrais chimiques. Les rendements et la nutritivité de la plante s’en trouvent améliorés ce qui profitera directement au troupeau lors du pâturage ou de la consmmation de foin.

Autant dire q’une bonne valorisation de vos engrais naturels vous permettra de mettre quelques sous en plus dans votre poche !

Tonne à lisier 7000 L .

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