Les 4 sources principales d’aides au revenu de l’éleveur

Au départ j’ai choisi le métier d’éleveur car j’aime le contact avec les animaux. Mais ce n’était qu’une des nombreuses raisons qui m’ont poussé dans cette voie. L’autre raison principale c’est … la liberté ! Je pensais pouvoir gérer mon exploitation comme je l’entendais, développer les productions que je voulais sans avoir de comptes à rendre ! Et oui, je suis un doux rêveur, à la limite de l’utopie quelquefois. A l’heure de mon installation, je suis quelque peu tombé de mon joli nuage blanc ! Sans les aides et subventions vous pouvez difficilement dégager un revenu décent en étant agriculteur européen ! A moins d’adopter une valeur chère à Pierre Rabhi : la Sobriété.
Je ne suis pas sûr que la majorité des agriculteurs soient prêts à adopter ce système en 2018. Donc par précaution, je vais quand même vous donner la liste des principales catégories d’aides et subventions, susceptibles d’augmenter légèrement votre revenu disponible !

1- Les aides à l’installation :

Quand je me suis installé en 2003, 2 types d’aides étaient octroyées aux JA lors de leur installation :

-La DJA ( Dotation Jeune Agriculteur )
-Les Prêts Bonifiés. L’état prenait en charge une partie du coût de l’emprunt, ce qui permettait à la banque de proposer au JA la possibilité d’emprunter à un taux attractif ( il était à 2 % en 2003, est passé à 1 % quelques années après, jusqu’en 2017 ).

Depuis 2017, les prêts bonifiés ont été supprimés et ont laissé place à une revalorisation de la DJA. En moyenne un JA qui s’installait en 2017 touchait une aide de 20 000 Euros. Cette DJA était encore revalorisée si l’installation se faisait en zone défavorisée ou zone de montagne.

Condition d’obtention de la DJA :

-Etre ressortissant de l’Union Européenne.
-Il faut au moins avoir un diplôme niveau IV ( équivalent bac ).
-Etre âgé de 18 au moins et 40 ans au plus au moment du dépôt de la demande.
-S’installer pour la première fois au titre d’exploitant individuel ou associé-exploitant dans une société.
-Avoir un projet d’installation viable dans un plan d’entreprise établi sur 4 ans.
-Avoir la capacité à tenir les engagements pris dans le plan d’entreprise.

A noter qu’une partie des cotisations sociales du JA sont prises en charge sur les 5 années suivant son installation.
Les assurances en général offrent aussi quelques avantages.

2- Les Aides PAC :

La PAC ( politique agricole commune ) a été crée en 1962 par les 6 premiers états membres de l’Union Européenne ( Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, France, Portugal, Italie ). Son but était de donner à l’Europe une plus grande autonomie alimentaire. Cela devait passer par une augmentation de la productivité du secteur, une amélioration du revenu des agriculteurs ainsi qu’un meilleur approvisionnement des consommateurs européens.

les aides PAC sont délivrées après avoir rempli une déclaration annuelle. Pour les petits agriculteurs un paiement annuel unique, allant de 500 à 1250 Euros peut leur être versé. Ils n’ont pas obligation de remplir de dossier trop compliqué ni de respecter la conditionnalité ou même le verdissement.

Les agriculteurs peuvent compléter leur déclaration eux-mêmes. Néanmoins les offices de gestion ou comptables privés proposent des journées pour aider à remplir ces formulaires quelquefois difficiles à comprendre.
Ces déclarations se font en ligne avec un code Télépac attribué à chaque exploitation et différent chaque année.
Ces subventions ont des budgets à la fois européens et français et donc leurs conditions d’obtentions et leurs financements sont discutés à ces deux niveaux.

La PAC est divisée en 2 piliers. Le plus important est le premier pilier.Il représente 80 % du budget total de la PAC et englobe toutes les aides portant sur le soutien des marchés et le revenu des agriculteurs.

Le premier pilier est composé de subventions :
– aux productions végétales ( herbe, céréales, maïs, oléagineux, protéagineux … )
– aux productions animales ( prime à la vache, la brebis, la chèvre, la jument allaitante …)
– environnementales ( Mesures Agro-Environnementales : MAE )
– à la conversion en agriculture biologique

Le second pilier est celui du développement rural, il représente 20 % du budget total de la PAC.Il soutient les projets visant à améliorer la vie des agriculteurs.
Si ce sujet vous intéresse, voici un lien qui vous permettra d’en savoir plus : https://www.supagro.fr/capeye/

3- Les subventions à la construction ou la rénovation de bâtiments agricoles :

Un bâtiment est bien souvent un gros investissement pour une exploitation. Heureusement depuis plusieurs années et régulièrement, des plans destinés à aider les constructions ou rénovations de bâtiments sont montés.
Ces plans sont financés par l’Union Européenne, l’Etat français et les Régions.

Plusieurs facteurs vont faire varier le montant des subventions que l’ont pourra espérer toucher :

– Le montant total de l’investissement.
– Le fait d’être Jeune Agriculteur ou pas.
– Si c’est une société et a t-elle la transparence* ou pas ? ( dans ce cas de transparence les plafonds sont multipliés par le nombre d’exploitations regroupées ).
– la destination finale du bâtiment ( un bâtiment qui logera des animaux sera plus aidé qu’un hangar servant de stockage uniquement ).
– La région où le bâtiment sera implanté ( les régions ont un budget différent alloué à ce secteur ).

*Pour savoir ce qu’est la transparence dans un GAEC, vous pouvez vous référer au lien suivant : http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/Transparence_GAEC_cle039e31.pdf

4-Les aides à l’équipement :

Le matériel destiné à l’élevage, à son tour peut-être subventionné.
Là aussi la nature du matériel à subventionner est différente suivant le département ou la région dans laquelle vous vous trouvez. En effet la production dominante diffère d’une région ou d’un département à l’autre. Il sera très dur de se faire subventionner une arracheuse de pieds de vigne dans le Nord-Aveyron alors qu’au milieu des vignes du Haut-Médoc, vous pourrez difficilement demander des aides pour un couloir de contention !

Les financeurs sont identiques à ceux des bâtiments agricoles ( Union Européenne, Etat, Région ) avec peut-être une proportion plus importante du rôle des régions pour ce qui est des équipements ( les investissements sont plus à leur portée car les coûts sont moindres ).

Pour avoir droit à ces aides, un dossier doit être monté. En règle générale une enveloppe est alloué tous les 5 ans.La chambre d’agriculture a la qualification nécessaire pour déposer ces dossiers. Et si vous payez une cotisation ” appui technique ” à une organisation de producteurs ( CELIA, UNICOR, ADEL, l’ EUROPEENNE, etc … ), son rôle sera aussi de vous aider dans ces démarches.

Conclusion :

Aujourd’hui, les aides et subventions sont indispensables à la survie des exploitations. Particulièrement dans le secteur de l’élevage bovin. En effet le prix au kilo d’un broutard de 8-9 mois à destination de l’Italie reste inchangé depuis les années 1970 !
Seulement voilà, à cette époque notre baguette de pain bien Française valait 0,60 Francs alors qu’aujourd’hui elle coûte 0,87 Euros ! Un prix quasiment multiplié par 10 !!!

Alors amis éleveurs, continuez à manger du pain bien sûr mais surveillez aussi vos mails ! ( il y a peu de temps, j’aurais dit ” surveillez votre courrier ! ” ) Une déclaration de surface mal faite ou l’oubli malencontreux d’ une déclaration brebis allaitante peut vous faire perdre beaucoup de sous !

6 règles pour éviter l’invasion de chardons

A travers cet article je vais vous indiquer 6 règles pour éradiquer ou du moins diminuer fortement la présence de chardons dans vos parcelles :

Bien que le chardon soit considéré comme une plante d’ornement par certains, l’agriculteur le verra lui comme un indésirable. Une plante à éliminer !
Car la vache ou la brebis ne mangeront pas l’herbe qui pousse autour de peur de se piquer le bout du museau ! Et cette herbe épargnée finira par sécher et ne profitera à personne !

Maintenant je vais vous donner une information cruciale… ce que l’on appelle fréquemment chardon ou épines dans le language courant, sont en fait des Cirses. Ils font partie de la famille des Astéracées ( comme les artichauts ). Il en existe plusieurs variétés. 4 d’entre eux sont présents sur mes parcelles, je vais donc les décrire sommairement :

Description des quatre cirses :

Le Cirse des champs :

On le trouve surtout dans les sols argileux et/ou fertiles des prairies.
Il fleurit de Juin à Septembre et se reproduit de 2 façons :
– par ses graines ( 4 à 5000/an ) qui se disperseront au gré du vent
– par ses rhizomes horizontaux qui vont lui permettre d’envahir jusqu’à 1,5 m2 par an.

Le Cirse commun :


Il se trouve plutôt sur les sols caillouteux, plus pauvre qu’aux endroits où pousse le cirse des champs. Il aime le soleil, la chaleur.
C’est une plante que je n’observais pas il y a une dizaine d’années sur mes parcelles. Le réchauffement climatique y est-il pour quelque chose ? ( j’entends surtout par là les épisodes de sécheresse à répétition que nous connaissons depuis 2002 ). Ou la pullulation de rats taupier en 2007-2008 ?
Ces deux causes ont de toute façon contribué à un changement de couvert végétal sur les sols de l’Aubrac.

Le Cirse des marais :


Comme son nom l’indique, le Cirse des marais aime les endroits humides ( tourbières, bords de ruisseaux ).
Il dépasse fréquemment les 1M50. Les fleurs sont regroupées en capitules ( type d’inflorescence sans pédoncule ) agglomérées mesurant moins de 1 cm de largeur.Elles sont de couleur rose, violaçées.

Le Cirse laineux :


On le reconnait à ses gros capitules, ainsi qu’au fait qu’il se prolonge dans la terre par une racine principale. Cette différence fait que sur l’Aubrac, les éleveurs arrachent cette racine au lieu de faucher ce Cirse. Ainsi la repousse est impossible. L’outil qui sert à ce travail à pour nom dans notre région : fessoul.

Le Fessoul

Du coup les amis, je me pose une question :
Qui peut me dire comment se nomme cet outil en bon français ? Celui qui trouve aura un bon point !

Pour conclure ce sont toutes les 4 des plantes bisannuelles ( elles montent en tige, ne fleurissent et ne grainent que la seconde année ). La couleur des fleurs varie du rouge pourpre au violet en passant par le rose.
Si vous voulez une description plus détaillée de chaque plante, vous pouvez suivre le lien suivant : http://monerbier.canalblog.com/

Quels moyens pour réguler la population de Cirses ? Les 6 règles :

1- Tout d’abord le fait que ce soit une parcelle de fauche. En effet, faucher chaque année avant la floraison va empêcher le chardon de se reproduire correctement. Sur le Cirse des champs l’effet sera moindre car il a deux modes de reproduction.

2- Le fait de surveiller le chargement ( nombre d’animaux/ha ) va aussi jouer car on limitera en même temps le piétinement et la détérioration de la parcelle.

3- Passer la herse étrille ou la herse ébouseuse au bon moment est aussi un facteur déterminant. Ne pas la passer quand le sol est gorgé d’eau ou qu’il vient de faire un gros orage. Les anciens disent qu’il ne faut pas toucher la terre quand elle “fume”. Ce phénomène se produit souvent entre deux averses orageuses. La différence de température engendrée par la pluie froide tombant sur un sol chaud combiné à l’absorption de l’eau par le sol, fragilise l’implantation du couvert végétal en surface. Ce qui explique qu’en cas de passage d’un outil à dents, seules les plantes avec un bon enracinement, résistent ( ce qui est bien sûr le cas de la plupart des adventices : rumex, amaranthe, chénopode blanc, chiendent, sans compter les différents chardons ).

4- Limiter le nombre de taupes et autres campagnols. Car qui dit présence de terre nue en surface dit forcément endroit privilégié pour la semence des graines. Et comme je l’ai indiqué plus haut, combien le Cirse des champs dissémine t-il de graines à l’année ? … C’est bien vous suivez.

5- Et si la prolifération est trop importante malheureusement le moyen le plus efficace s’avèrera le traitement chimique. Prenez toutefois en compte que ce sont des bisannuelles et que le traitement devra être pratiqué au moins deux années consécutives. Pensez à un semis direct ou un sursemis ensuite si jamais la proportion de terre mise à nu est trop importante. Néanmoins dans la plupart des cas, la prairie se régénèrera d’elle même.

6- Pour faucher les refus, respecter 6 cms de hauteur. Car si l’on fauche plus bas, l’herbe risque de se mélanger à la terre et avantager les adventices ( plantes indésirables, mauvaises herbes ).

Mon parcours d’installation

Du rêve de devenir éleveur à la concrétisation de l’installation

Depuis ce déclic où je me suis vu en présence d’un taureau charolais, mon installation en tant qu’agriculteur sur la ferme familiale était devenue évidente. L’idée d’élever “la belle aux yeux noirs” m’enthousiasmait au plus haut point.

Le collège :

Jusqu’à ce cours de maths de 4ème qui changea ma vie, le fait d’aller à l’école était une véritable corvée. Le temps passait à la vitesse d’un escargot escaladant la face nord de la Tour Eiffel à reculons!
Après cet évènement ce fut tout autre chose ! Je savais enfin dans quelle direction et vers quelle destination me diriger!
J’étais fier, motivé. J’avais trouvé ma voie.

L’aventure commence :

Le Lycée agricole de La Roque aux portes de Rodez avait subi des aménagements récents, c’était un lycée à l’allure moderne qui conservait toutefois un certain cachet grâce à des bâtisses anciennes servant de dortoirs aux pensionnaires, ainsi que de salles de réunion.
Une exploitation attenante, servait de support aux professeurs des matières techniques (phytotechnie, zootechnie). Chaque élève de seconde se devait de passer une semaine sur la ferme pendant l’année scolaire. De cette manière il acquérait une expérience concrète de ce qui était enseigné et avait la possibilité d’établir un rapport humain avec les salariés de l’exploitation.

Mes 3 années dans cet établissement furent des plus agréables. J’étais pensionnaire la semaine, ce qui me donna l’occasion de nouer des liens plus étroits avec certains élèves. En classe de terminale, le mercredi après-midi, alors que nous n’avions pas cours, une escapade était prévue. Nous étions une petite bande de 5 ou 6 bons amis et un jour l’un de nous lança l’idée de faire visiter chacun à notre tour, notre exploitation. Et le mercredi suivant nous partions à l’aventure sur les routes de l’Aveyron à destination de la première ferme.
Enfin les épreuves du BTA (brevet de technicien agricole, équivalent d’un bac avec quelques matières spécialisées en plus) arrivèrent, je l’obtins avec mention AB (assez bien).Certains professeurs me conseillèrent de faire un BTS (brevet de technicien supérieur : 2 ans après le BAC).
Ce que je ne fis pas. Je n’avais qu’une idée en tête : retourner dans mon petit village sur l’Aubrac et y élever mes vaches. Je sortis définitivement de l’école en juillet 1996.

A l’automne je pris le statut d’aide familial, je ne percevais pas de salaire mais en contrepartie un salaire différé était calculé par année d’exercice. J’eus ce statut jusqu’à la date de mon installation effective le 05 Janvier 2003.

Entretemps, afin de pouvoir prétendre à la DJA (dotation jeune agriculteur), j’effectuais 6 mois de stage sur 2 exploitations différentes et un SPI (stage préparatoire à l’installation) de 40 heures.

Ma première partie de stage :

L’image du taureau de race charolaise apparue quand j’étais plus jeune, était toujours présente dans mon esprit. C’est pourquoi je décidai de faire 3 mois de stage dans la zone du charolais, plus précisément en Saône et Loire tout près de la petite ville de Charolles. C’était en 1999, la période de mon stage s’étalant du 15 Septembre au 15 Décembre. Je fus accueilli dans un GAEC père-fils qui comptait environ 180 hectares et un peu plus de 100 vaches, de race charolaise cela va de soi.
A première vue ces gens-là étaient travailleurs, de plus l’exploitation était imposante. Des doutes envahissaient mon esprit, serai-je à la hauteur ?
Et ma première impression était la bonne! Le travail était intensif, ils ne prenaient pas des “stagiaires 6 mois” pour rien dans cette région !

Programme d’une journée type en automne :

Le matin, de 7H15 à 10H, était destiné au soin aux animaux.
De 10H à 10H30, une pause petit-déjeuner nous attendait chez les parents. Fromage et charcuterie principalement composaient le menu. Au début de mon stage j’eus un peu de mal à me faire à cette “tradition”. Mais le travail aidant, mon estomac s’habitua assez vite à ce petit encas indispensable pour tenir jusqu’à 13H.
La fin de matinée était fréquemment réservée au bétail. Mais cette fois-ci à changer de pâture, trier, peser, tondre, traiter, dresser aussi car c’était un élevage sélectionneur coutumier des concours et autres foires. L’après-midi démarrait vers 14H15 pour finir à 20H, elle était réservé aux gros travaux : clôtures, aménagement des bâtiments, entretien des prairies, épandage des fumiers etc… .
L’entretien des haies qui compose le bocage charolais est une grosse charge de travail pour les exploitations de cette région. Pour mon maître de stage, 3 semaines furent nécessaire pour en venir à bout.

Le côté “amélioration génétique, vente de reproducteurs” réalisé sur cette exploitation m’avait plu. Je décidai d’orienter à mon tour la ferme familiale où j’allais m’installer vers cette production. Par contre je devrais être patient. Contrairement à l’exploitation où j’avais fait mon stage, des progrès très importants étaient à faire. Je débutais juste la sélection et n’en récolterai pas les fruits avant une vingtaine d’années !

Mon second stage :

Mes 3 mois de stage restants, je les fis en Lozère chez un éleveur-sélectionneur en race Aubrac. Pourquoi en sélection Aubrac ? Voyons, vous avez pourtant suivi jusqu’à maintenant, n’est-ce pas ?
Et bien oui, ma passion c’est l’Aubrac et si en même temps je peux étudier l’amélioration génétique, je ne vais pas m’en priver !
C’est 2 ans plus tard, en 2001, que je démarrai ce stage en Lozère. Durant la même période que le stage précédent à quelques jours près, du 1er Septembre au 1er Décembre.
C’était une exploitation à peu près équivalente à la précédente en surface et nombre de vaches, mais la stratégie de commercialisation différait.
En charolais, le commerce de mâles reproducteurs est un très gros débouché du fait des effectifs (1,6 Million de vaches) et de l’existence du croisement avec les races rustiques. Alors qu’en Aubrac c’est plutôt la vente de génisses de renouvellement qui est privilégié (en effet le nombre de mères est presque 10 fois moindre par rapport à la charolaise : 200 000).
Il y avait par contre un atelier engraissement avec la production de génisses fleur d’Aubrac. Ce sont des génisses de père charolais et de mère Aubrac, engraissées selon un cahier des charges spécifique, destinées à la boucherie et abattues entre 24 et 42 mois. Au moment où j’ai fait mon stage, cette exploitation était gérée par 2 associés. Le propriétaire de la ferme et un voisin. J’ai été admirablement accueilli. Et bien que là aussi je ne m’ennuyais pas, l’ambiance était plus détendue.
C’est là aussi que j’appris à labourer! Pour commencer, une petite parcelle d’un hectare avec une charrue 2 socs réversible! Pardonnez du peu! J’étais tout de même très fier d’avoir réussi à trouver les bons réglages pour mener à bien cette opération commando ! (j’exagère peut-être un tout petit peu).

Durant l’année 2002 : le SPI

Qu’est ce que c’est que cette bête me direz-vous ?
Je vais vous le dire mais d’abord vous devez savoir que la formule SPI est spécifique au département dans lequel on le réalise.
Dans mon cas je l’ai effectué avec l’appui du CDANA (comité de développement agricole du Nord-Aveyron), une antenne de la chambre d’agriculture de l’Aveyron.
Nous étions une vingtaine cette année-là à faire ce stage. Il se déclinait en 3 axes :

1-plusieurs journées d’information avec les principaux organismes gravitant autour du monde agricole (MSA, Crédit Agricole, Centre des Impôts, Office de gestion, chambre d’agriculture)

2-visite de 2 exploitations à production plutôt originale pour la région :
– Un élevage d’autruches destiné à la consommation de viande
– Un élevage de bufflonnes laitières pour la fabrication de mozzarella italienne
Nous avons aussi visité une exploitation afin de connaître, ou approfondir pour les initiés, le système de clôture à fil lisse électrifié.

3- et enfin la grosse part du gâteau :
Une étude chiffrée visant à améliorer ou repenser le système de production existant pour chaque stagiaire de la formation. Ceci afin de s’assurer du du niveau du revenu qui sera dégagé par l’exploitation et permettre de toucher la subvention à l’installation : la “DJA” (Dotation Jeunes Agriculteurs”, et obtenir des prêts bonifiés dits “prêts jeunes agriculteurs”.

Des expériences inoubliables !

Globalement, cette formation m’ a beaucoup apporté pour mon installation. J’ai découvert 2 façons de gérer une exploitation agricole spécialisé en élevage bovin. Toutes les 2 se sont révélées rentables et très enrichissantes. J’ai eu l’opportunité de connaître des éleveurs passionnés par leur métier et avec la volonté de transmettre ce qu’ils savaient.

Maintenant pour terminer, voici à mon sens les 6 points importants pour bien démarrer dans l’agriculture !

6 points indispensables pour une installation réussie !

1- D’abord, avoir une idée précise de la production dans laquelle vous voulez vous lancer.
2- Puis savoir si cette production nécessite du terrain, avez-vous déjà une exploitation en vue ?
3- Ensuite la chambre d’agriculture va vous aider, par l’intermédiaire de 2 conseillers spécialisés, à réaliser un plan de professionnalisation personnalisé (PPP).
4- Vous chiffrerez alors votre projet.
5- Contacter la MSA est indispensable (mutualité sociale agricole : régime de protection sociale pour les agriculteurs), ainsi que demander aux organismes concernés les aides auxquelles vous avez droit et obtenir l’autorisation d’exploiter.
6- Et enfin, pendant et après votre installation, demander conseil, continuer à vous former, prendre un comptable si c’est nécessaire. L’avis d’un juriste pour certains problèmes de succession, de baux, etc… peut être d’un grand secours.

Quoi qu’il en soit, si vous ne savez pas à qui vous adresser dès qu’un problème survient, ayez le réflexe “chambre d’agriculture”, ils sont là pour ça! Bon, si l’élevage des Marsupilamis est votre passion, c’est peut-être vous qui les formerez !

Le Grand Défi : 50 articles en 52 semaines.

Bonjour,

Vous aimez les défis ? Alors suivez-moi nous allons vivre une grande aventure!

Tout d’abord je vais me présenter, je suis Jean-Michel, j’ai 41 ans, j’exploite un peu plus de 200 hectares avec mon petit frère et ma mère au sein du GAEC des MILLE SOURCES. Je suis éleveur de vaches de race aubrac dans le Parc Naturel Régional de l’Aubrac, dans le Nord-Aveyron plus précisément. Le pays de l’aligot, des couteaux de Laguiole et de la fameuse “HAUTE”, vache aubrac égérie du salon de l’agriculture 2018 !

Bienvenue sur mon blog consacré à l’élevage bovin.

Voici mon premier article sur ce blog et je commence par un défi! Ouahou!!! Il est motivé le monsieur vous trouvez pas? Il est mort de trouille, oui!
En effet j’ai hésité un bon moment avant de me lancer dans la mise en place de ce blog. Se dévoiler, montrer aux autres qui je suis vraiment, affirmer mes convictions était déjà un premier défi. Et tant qu’on y est, pourquoi pas commencer ce blog par un autre défi! Le sentiment de peur est là, certes, mais ce n’est qu’un sentiment, une émotion. Une phrase me revient à chaque fois que j’éprouve cela “la peur n’évite pas le danger”.

C’est la première explication à ce défi, surmonter sa peur, et je vais vous en donner 4 autres :

1- Le développement personnel est ma seconde passion, je suis autodidacte et je cherche en permanence à m’améliorer dans tous les domaines de ma vie (amour, argent, santé, relations). Je suis toujours à la recherche de livres, de vidéos, d’articles et j’aime particulièrement les témoignages de personnes qui ont réussi leur vie et partagent leurs expériences (aussi bien échecs que succès).

2- Survoler de nombreux domaines, m’y intéresser superficiellement, je sais faire!
Mais approfondir les principales activités liées à l’élevage va me demander des efforts.
Néanmoins cela va m’apporter 2 bénéfices principaux :
– Des connaissances accrues qui pourront me servir concrètement sur mon exploitation
– Ces mêmes connaissances que je pourrai vous transmettre et que vous pourrez appliquer chez vous.

3- Ce défi va me pousser à m’organiser encore mieux que je ne le suis (c’est à dire que ce sera un tout petit peu plus rangé dans ma tête).
Ainsi qu’à éviter la procrastination.
Sinon je n’y arriverai pas et vous serez aux premières loges, assistant avec compassion(soyez sympa!) à mon échec cuisant, prêt à me brûler vif sur l’échafaud de la honte et du déshonneur. Mon dieu que ce serait terrible!

4- M’améliorer dans l’écriture d’articles pertinents qui vous intéresseront et qui seront source d’apprentissage.

Comment vais-je m’y prendre?

Je sélectionnerai plusieurs activités effectuées dans la semaine, j’en choisirai une représentative du métier d’éleveur et l’approfondirai sous forme d’article.

Où trouver le temps nécessaire à l’exécution d’un tel défi?

Il n’est pas question que ce projet empiète sur le temps de travail de l’exploitation ni sur ma vie personnelle.
Donc il est impératif que je laisse toutes mes occupations superflues de côté, à savoir :
– Regarder la télévision.
– Naviguer sur internet sans but précis.
– Diminuer le temps passé à jouer sur le web (billard, tétris, solitaire, belote, etc…).

Ce projet commencera dès le début de la semaine prochaine, soit à partir du 06 Août 2018, le 1er article sera publié sans doute 4 à 5 jours après.
Si vous, lecteurs de ce blog, aimeriez qu’un sujet précis lié à l’élevage soit abordé, inscrivez-le dans les commentaires, je vous répondrai et me ferai un plaisir de le traiter.