6 règles pour éviter l’invasion de chardons

A travers cet article je vais vous indiquer 6 règles pour éradiquer ou du moins diminuer fortement la présence de chardons dans vos parcelles :

Bien que le chardon soit considéré comme une plante d’ornement par certains, l’agriculteur le verra lui comme un indésirable. Une plante à éliminer !
Car la vache ou la brebis ne mangeront pas l’herbe qui pousse autour de peur de se piquer le bout du museau ! Et cette herbe épargnée finira par sécher et ne profitera à personne !

Maintenant je vais vous donner une information cruciale… ce que l’on appelle fréquemment chardon ou épines dans le language courant, sont en fait des Cirses. Ils font partie de la famille des Astéracées ( comme les artichauts ). Il en existe plusieurs variétés. 4 d’entre eux sont présents sur mes parcelles, je vais donc les décrire sommairement :

Description des quatre cirses :

Le Cirse des champs :

On le trouve surtout dans les sols argileux et/ou fertiles des prairies.
Il fleurit de Juin à Septembre et se reproduit de 2 façons :
– par ses graines ( 4 à 5000/an ) qui se disperseront au gré du vent
– par ses rhizomes horizontaux qui vont lui permettre d’envahir jusqu’à 1,5 m2 par an.

Le Cirse commun :


Il se trouve plutôt sur les sols caillouteux, plus pauvre qu’aux endroits où pousse le cirse des champs. Il aime le soleil, la chaleur.
C’est une plante que je n’observais pas il y a une dizaine d’années sur mes parcelles. Le réchauffement climatique y est-il pour quelque chose ? ( j’entends surtout par là les épisodes de sécheresse à répétition que nous connaissons depuis 2002 ). Ou la pullulation de rats taupier en 2007-2008 ?
Ces deux causes ont de toute façon contribué à un changement de couvert végétal sur les sols de l’Aubrac.

Le Cirse des marais :


Comme son nom l’indique, le Cirse des marais aime les endroits humides ( tourbières, bords de ruisseaux ).
Il dépasse fréquemment les 1M50. Les fleurs sont regroupées en capitules ( type d’inflorescence sans pédoncule ) agglomérées mesurant moins de 1 cm de largeur.Elles sont de couleur rose, violaçées.

Le Cirse laineux :


On le reconnait à ses gros capitules, ainsi qu’au fait qu’il se prolonge dans la terre par une racine principale. Cette différence fait que sur l’Aubrac, les éleveurs arrachent cette racine au lieu de faucher ce Cirse. Ainsi la repousse est impossible. L’outil qui sert à ce travail à pour nom dans notre région : fessoul.

Le Fessoul

Du coup les amis, je me pose une question :
Qui peut me dire comment se nomme cet outil en bon français ? Celui qui trouve aura un bon point !

Pour conclure ce sont toutes les 4 des plantes bisannuelles ( elles montent en tige, ne fleurissent et ne grainent que la seconde année ). La couleur des fleurs varie du rouge pourpre au violet en passant par le rose.
Si vous voulez une description plus détaillée de chaque plante, vous pouvez suivre le lien suivant : http://monerbier.canalblog.com/

Quels moyens pour réguler la population de Cirses ? Les 6 règles :

1- Tout d’abord le fait que ce soit une parcelle de fauche. En effet, faucher chaque année avant la floraison va empêcher le chardon de se reproduire correctement. Sur le Cirse des champs l’effet sera moindre car il a deux modes de reproduction.

2- Le fait de surveiller le chargement ( nombre d’animaux/ha ) va aussi jouer car on limitera en même temps le piétinement et la détérioration de la parcelle.

3- Passer la herse étrille ou la herse ébouseuse au bon moment est aussi un facteur déterminant. Ne pas la passer quand le sol est gorgé d’eau ou qu’il vient de faire un gros orage. Les anciens disent qu’il ne faut pas toucher la terre quand elle “fume”. Ce phénomène se produit souvent entre deux averses orageuses. La différence de température engendrée par la pluie froide tombant sur un sol chaud combiné à l’absorption de l’eau par le sol, fragilise l’implantation du couvert végétal en surface. Ce qui explique qu’en cas de passage d’un outil à dents, seules les plantes avec un bon enracinement, résistent ( ce qui est bien sûr le cas de la plupart des adventices : rumex, amaranthe, chénopode blanc, chiendent, sans compter les différents chardons ).

4- Limiter le nombre de taupes et autres campagnols. Car qui dit présence de terre nue en surface dit forcément endroit privilégié pour la semence des graines. Et comme je l’ai indiqué plus haut, combien le Cirse des champs dissémine t-il de graines à l’année ? … C’est bien vous suivez.

5- Et si la prolifération est trop importante malheureusement le moyen le plus efficace s’avèrera le traitement chimique. Prenez toutefois en compte que ce sont des bisannuelles et que le traitement devra être pratiqué au moins deux années consécutives. Pensez à un semis direct ou un sursemis ensuite si jamais la proportion de terre mise à nu est trop importante. Néanmoins dans la plupart des cas, la prairie se régénèrera d’elle même.

6- Pour faucher les refus, respecter 6 cms de hauteur. Car si l’on fauche plus bas, l’herbe risque de se mélanger à la terre et avantager les adventices ( plantes indésirables, mauvaises herbes ).

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