La crême de la race Aubrac à PARIS (Edition 2019)

Bonjour à tous les passionnés de race Aubrac !

Voici le lien pour voir ou revoir le concours Aubrac au Salon de l’Agriculture du 27 Février 2019 :

Bon visionnage !

  • 1
    Partage

Faire du croisement en race Aubrac : Une bonne idée ?

Mâle de Helvyn EXC (programme Charolais Excellence) x Mère Aubrac.

Dans l’article précédent nous avons développé l’idée de travailler en race pure. Aujourd’hui nous allons parler croisement.

Petit préambule :

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais donner une petite précision : sur mon élevage, le croisement est utilisé uniquement à des fins bouchères. Nous pratiquons le croisement sur des mères de race Aubrac avec des taureaux de race Charolaise.

Aucun animal croisé n’est conservé pour l’élevage. Et je ne le conseille pas. Pour plusieurs raisons :

-Les produits issus de mères croisées Charolais-Aubrac sont de qualité hétérogènes.

-Ils expriment souvent le gène culard et les inconvénients qui vont avec (voir chapitre sur le gène culard dans l’article “Bien choisir son taureau“).

-Du fait de leur croisement avec un père Charolais, ils sont moins rustiques que les Aubrac de race pure et donc moins adaptés au territoire parfois rude de la région Aubrac (aussi bien l’été avec les périodes de sécheresse sur les estives et l’herbage quelquefois de piètre qualité, que l’hiver avec le froid et la neige).

Pourquoi le croisement ?

Globalement, on pratique le croisement sur des races rustiques ou laitières essentiellement pour apporter de la conformation.

En race Aubrac, ce raisonnement est pleinement vrai. Sur cette race le taureau charolais va amener un gain de conformation, de rendement en viande à l’abattage, et donc une valorisation plus importante.

On obtient des veaux issus de ce croisement par voie naturelle (en achetant un taureau charolais), mais aussi par le biais de l’Insémination Artificielle (I.A).

Pour ce qui est de l’I.A, il existe essentiellement deux programmes destinés aux éleveurs désirant pratiquer le croisement sur vache Aubrac :

-Le programme Charolais Excellence : les taureaux disponibles avec ce programme sont exclusivement de race Charolaise. Ils sont testés sur des vaches de race laitières ( Montbéliarde et Prim’Holstein) afin de les évaluer sur plusieurs critères (voir catalogue AURIVA).

-Le programme INRA95 : c‘est le même principe qu’avec le programme Excellence Charolais sauf que les géniteurs sont issus de croisements entre différentes race à viande (Limousine, Blonde d’Aquitaine, Charolais, Rouge des prés, Blanc Bleu Belge et Piémontaise). Globalement ce programme est utilisé en priorité sur les cheptels laitiers car le poids des veaux à la naissance est en moyenne plus élevé qu’avec le programme Charolais Excellence. Néanmoins certains cheptels de vaches Aubrac l’utilisent (catalogue INRA95 2018-2019).

  • On voit aussi quelques élevages croiser leurs vaches Aubrac avec des taureaux de race Blanc Bleu Belge en monte naturelle. Les produits de ce croisement ont la réputation de naître facilement car en moyenne, plus légers que les croisés charolais.

Principal obstacle au développement du croisement en race Aubrac :

Le croisement le plus répandu quand on possède des vaches Aubrac, c’est celui avec un taureau Charolais effectué en monte naturelle. Il va apporter bien souvent à la fois du poids et de la conformation par rapport à un veau de pure race Aubrac. Du moins c’est ce que l’on recherche.

Le principal inconvénient, qui d’ailleurs décourage pas mal d’éleveurs, réside dans le fait que les veaux issus de ce croisement naissent plus lourds que des purs Aubrac. Par conséquent, les vêlages peuvent demander une assistance de la part de l’éleveur et oblige celui-ci à plus de surveillance.

En contrepartie, à l’âge d’un an, ces veaux (mâles) seront payés en moyenne 0.23 Euros de plus au kilo vif (le taureau est pesé et vendu vivant). Cela ne fait pas une différence énorme me direz-vous ? Et bien multipliez ce nombre par 400 kg (poids de l’animal au moment de la vente) et par le nombre de mâles croisés vendus sur une année et vous verrez que vous atteignez rapidement quelques milliers d’Euros par exploitation ! (Tout dépend du nombre de mères que possède l’exploitation !)

Ici, j’ai parlé des veaux mâles. Mais que l’on pratique le croisement ou pas, la nature a toujours fait des mâles et des femelles ! Que l’on naisse homme ou animal, les deux sexes sont toujours représentés ! A quelques exceptions près bien entendu😉(l’escargot …). Ces dernières années, la différence entre femelles Aubracs et femelles Croisées était encore plus grande. De l’ordre de 0.46 à 0.76 Euros/ Kg. Cela vient du fait que les engraisseurs Italiens, nos principaux acheteurs pour les mâles, peinent à trouver un marché à ces génisses Aubracs. C’est nos voisins Espagnols qui se chargent alors de les récupérer, à moindre coût.

Comment définit-on le prix d’une bête ?

Nous avons plusieurs options pour définir le prix d’un animal. Cela va dépendre de sa destination :

  • S’il est destiné à l’exportation pour être fini d’engraisser c’est le poids et le classement en vif (c’est à dire en fonction de la conformation ainsi que son état que l’on appréciera à l’oeil) qui vont déterminer le prix.
  • Si l’animal a été engraissé et part directement à la boucherie, à ce moment là c’est le poids, l’état d’engraissement* ainsi que le classement** de la carcasse qui feront varier son prix.

Les principaux débouchés :

L’Italie est bien sûr le pays où partent le plus grand nombre de broutards français. Là-bas, ils seront finis d’engraisser au maïs. Ce pays achête chaque année plus d’1 Million de broutards, repousses ou bourrets d’herbe.

Depuis quelques années d’autres pays sont entrés en concurrence avec l’Italie. Désormais il faut compter sur la Grêce, le Liban, la Turquie mais aussi quelques pays du Maghreb comme l’Algérie et dans une moindre mesure le Maroc et la Tunisie.

L’Espagne achète des animaux qui représentent peu de capital comme des génisses Aubracs ou des broutards légers (250-350 kg).

En résumé :

Pour conclure je dirais que pour pratiquer le croisement il est essentiel d’axer la sélection de votre cheptel sur l’aptitude au vêlage et les facilités de naissance.

Sur mon exploitation, j’ai choisi de le faire avec des taureaux Charolais, car selon moi, ils représentent le meilleur compromis entre le fait d’avoir des veaux lourds et conformés à la vente tout en ayant peu de problèmes à la naissance (1 césarienne sur 160 vêlages en 2018). La moitié des veaux nés croisés étaient issus du programme Charolais Excellence. Les veaux nés d’insémination sont globalement plus conformés que ceux issus de taureaux de monte naturelle. Par contre ils ont tendance à être moins lourds à la vente car sur ma ferme en tout cas je privilégie les facilités de naissance. Surtout sur les génisses qui vèleront pour la première fois.

L’autre moitié des veaux qui naitront croisés est issue de taureaux de monte naturelle originaire du berceau de la race (Saône et Loire, Allier).

Femelle croisée issue du programme Charolais excellence : Fortune x Mère Aubrac.

*L’état d’engraissement est noté de 1 à 5. “1” étant la note donnée à une bête très maigre, “5” très grasse. Les carcasses les plus fréquemment rencontrées sont classées “3”.

**Le classement d’une carcasse est annoté par 5 lettres : E,U,R,O,P et A. Ces 5 lettres comprennent 3 sous catégories symbolisés dans chaque lettre par les signes +, = et -. “E+” désigne la carcasse la plus conformée et à l’extrême “A-“, une carcasse destinée à la “fabrication” (très peu, voire pas du tout, de viande destiné à la consommation humaine, elle servira à nourrir les animaux domestiques sous forme de pâtée ou croquettes).

Bien choisir son taureau

AVOCAT, Taureau Aubrac de 9 ans.

En système Aubrac, l’éleveur a deux possibilités :

-soit avoir tous les veaux de pure race Aubrac.

-soit pratiquer le croisement (avec un taureau de race charolaise dans la majorité des cas).

Aujourd’hui nous allons parler de la sélection en race pure Aubrac. Mais ce que je vais développer peut s’appliquer à n’importe quelle race. Et si cela est propre à la race Aubrac, je le préciserai.

1-Le père de ses futures vaches :

1-1 : Par où commencer ?

Tout d’abord l’éleveur doit définir ses objectifs en matière de sélection. Quels atouts ses vaches doivent elles posséder ?  Le lait, le gabarit, la rusticité, les qualités de race, les facilités de vélage, les qualités bouchères, etc…?

Se demander aussi comment sa production sera valorisée ? Elevage, vente pour la reproduction ou plutôt destinée à la boucherie ?

Une fois ses objectifs définis, l’éleveur pourra décider de la manière dont il va s’y prendre pour sélectionner son troupeau. Encore ici il aura 2 possibilités :

Fixer les qualités de son troupeau ou au contraire corriger les défauts.

L’âge du taureau que l’on veut acheter doit aussi être étudié. Plusieurs paramètres vont le déterminer :

  • Pour quelle date veut-on mettre l’animal au travail ? Est-ce un achat anticipé (un veau qui sera utilisé l’année d’après) ou à vocation immédiate (de l’automne pour le printemps ou même quelquefois 15 jours avant la mise à la reproduction).
  • Veut-on connaître les performances propres de l’animal au travers de son indexation (par le fait qu’il possède des produits) ou va t-on choisir le taureau en fonction de ses origines ? (sélection sur ascendance, parents, grands-parents …)
  • Sur quel type de bêtes sera t-il utilisé : des génisses ou des vaches ?
  • le tarif, quel prix peut-on y mettre ?
  • le coup de coeur
  • ou tout simplement l’opportunité !

Quoi qu’il en soit, le caractère de l’animal et les aplombs doivent être pris en compte en priorité. Si un de ces 2 éléments est jugé mauvais, le taureau ne doit pas être acheté ou gardé. Les conséquences sur le troupeau et sa conduite pourraient s’en ressentir pendant des années. De même que la sécurité au travail pour son propriétaire.

1-2 : Où et par quel intermédiaire acheter son taureau ?

Différentes façons de trouver un taureau s’offrent à l’éleveur :

  • Il peut se débrouiller seul et consulter différentes annonces qui paraîssent dans des journaux spécialisés ou en ligne (le bon coin).
  • Il peut aussi assister aux différents concours ou manifestations qui se déroulent tout au long de l’année et lui feront connaître les élevages vendeurs du type d’animal recherché.
  • L’acheteur potentiel pourra aussi demander à des intermédiaires de le renseigner. Pour certaines structures il est demandé une cotisation d’adhésion. Toutefois cela peut faire gagner à l’éleveur un temps précieux car il n’aura qu’à préciser le type d’animal recherché et la structure fera le tri en amont pour ne lui proposer que des animaux correspondant à sa recherche.
  • Enfin, pour les principales races bovines allaitantes en France (Limousine, Blonde d’Aquitaine, Salers, Gasconne et Aubrac), une station d’évaluation propre à chaque race permet à celui qui le souhaite d’avoir accès à des veaux reproducteurs âgés de 12 à 15 mois, évalués sur une certaine période, entre eux et selon des critères déterminés au niveau de chaque race.

1-3 : Le gêne mh ou gêne culard :

Il est important de savoir si son futur reproducteur est porteur du gêne culard. Car les veaux qui naissent porteurs de ce gêne demandent plus d’attention, surtout les premiers jours de vie. Ils sont souvent plus fragiles, avec quelquefois des problèmes cardiaques, ou même des difficultés pour téter leur mère (hypertrophie de la langue). Pour les femelles adultes on observe aussi un rétrécissement du bassin pouvant mener à des difficultés de vélage.

Certains éleveurs recherchent pourtant ce genre de taureaux car quand ils expriment ce gêne, ces animaux possèdent une proportion de masse musculaire (et donc de morceaux nobles) plus importante que la moyenne. Ce qui entraînera lors de l’abattage, un prix au kilo de viande ainsi qu’un poids carcasse plus élevé et donc une meilleure rentabilité de l’animal.

Toutefois au niveau de la race Aubrac, les animaux plébiscités pour être menés en race pure seront recherchés en priorité en l’absence de gêne culard. La race Aubrac est une race rustique appréciée pour ses qualités maternelles, sa faculté à faire un veau par vache et par an et sa facilité d’élevage. Elle se développe dans beaucoup de pays grâce à ces atouts.

1-4 : L’ insémination artificielle :

En race pure il est aussi faisable d’inséminer ses vaches.

Chaque année 2-3 veaux en moyenne, évalués à la station du Pouget sont retenus pour l’insémination artificielle. Ils doivent être issus d’élevages inscrit au Herd Book et adhérant au contrôle de performances ( VA4 ). Au terme de leur évaluation, ils sortent parmi les meilleurs de leur bande (performances propres et note herd book) et ne doivent pas présenter de défauts majeurs (problème d’aplombs, ouverture pelvienne insuffisante, mauvaise croissance, caractère dangereux).

Une fois sélectionné, ils sont envoyés dans une taurellerie pour être prélevés. Les doses ainsi récoltées sont mises à disposition des éleveurs l’hiver suivant. “Auriva”, une coopérative édite un catalogue détaillant les caractéristiques de chaque taureau, sa généalogie, ses performances en station et sa note herd book. Plus tard si le taureau a suffisamment de produits, il sera identifié “connecteur” et une valeur sur l’aptitude à l’allaitement des filles ainsi que leur aptitude au vêlage sera attribuée. De même que l’efficacité de carrière qui permet de savoir si les filles de ce taureau vieillissent bien.

L’insémination artificielle permet ce qu’il est plus difficile de faire en monte naturelle : le cas par cas, quel taureau pour quelle vache ? Mais on peut aussi choisir un taureau pour un lot de vaches. L’avantage est d’homogénéiser les produits à venir et à long terme, le troupeau. Cette technique a toutefois un inconvénient : l’indexation du taureau sur certains critères comme la transmission du lait ne sera connue que lorsque ses filles auront vêlé. Et les index seront d’autant plus précis qu’il aura un grand nombre de filles. Or les vaches ne vêlent pas avant 2 ans voir 3 dans la majorité des cas. Donc le taureau sera peut-être déjà mort lorsque l’on s’apercevra qu’il dégradait l’aptitude à l’allaitement ! Et si ce seul taureau a été utilisé durant la période de reproduction pour produire son renouvellement, on aura diminué l’aptitude à l’allaitement sur les futures filles de cette génération.

Donc si vous voulez utiliser un nombre restreint de taureaux a l’insémination, choisissez un taureau “connecteur” qui aura des index plus fiables grâce aux nombre importants de ses produits.

2 : Conclusion :

Je n’oublie pas 3 choses essentielles quand je choisis un taureau :

L’animal doit être sage, bien dans sa tête, respecter l’homme mais ne pas être en panique à son contact. Vous devez pouvoir l’approcher sans qu’il s’enfuit dès qu’il vous voit arriver. Le taureau et vous devaient éprouver une confiance réciproque.

Deuxième chose, il doit posséder de bons aplombs pour bien vieillir, pouvoir transhumer et faire plusieurs kilomètres tous les jours dans les montagnes en période estivale !

Et bien sûr, je m’assure que le taureau soit fécond et apte à la saillie ! Je regarde que les deux testicules soient présents, qu’il sorte bien la verge au moment de la saillie et que les vaches l’intéressent ! Et quand j’ai un doute je fais faire un diagnostic de gestation sur les vaches dont il devait s’occuper (prises de sang, prélèvement de lait après 30 jours, échographies après 50 jours, lien : http://www.therioruminant.ulg.ac.be/notes/200809/R05_Constat_gestation_2009.pdf ).

Pour trouver le taureau qui vous conviendra, n’hésitez pas à voir beaucoup d’animaux et prenez du plaisir à cette quête ! D’autant plus qu’il est très intéressant d’échanger avec des éleveurs passionnés par leurs animaux !

Les engrais naturels

Sur l’Aubrac, il est rare que les vaches passent l’hiver dehors. Elles seront alors logées dans deux sortes de bâtiments. Ceux produisant du lisier ou dans d’autres produisant du fumier. Dans le premier cas les vaches sont hivernées en étable entravée ou en stabulation caillebotis-logettes. Dans le second cas elles peuvent être en étable entravée avec paillage au niveau des pattes arrières et de l’évacuateur, ou bien, en stabulation libre paillée. Elles peuvent y rester entre 4 et 6 mois suivant l’altitude, la nature du sol, le mode de production de l’exploitation ou encore le climat présent aux périodes de rentrée et sortie des animaux.

Le lisier

Ce que l’on appelle ” lisier ” est un mélange d’excréments, d’urine et d’eau. Le lisier est le plus communément de vache, de brebis, de chèvres ou de porc.

Quand épandre son lisier ?

Certains vont me dire , “ben quand la fosse est pleine pardi ! ” Et oui, bien sûr ! … Mais non, loupé !

L’idéal pour optimiser son épandage est justement de ne pas le faire lorsqu’on s’en trouve obligé ! Mais plutôt quand le moment est opportun ! Pour que vous puissiez désormais épandre votre lisier toujours au bon moment, je vais vous révéler UN SECRET…  Portez LA CAPACITE DE STOCKAGE de votre fosse à 6 MOIS !

En effet, le lisier va libérer ses unités d’azote rapidement, il faudra donc l’épandre au plus près des besoins de la plante. Ce sera donc, au printemps,  environ 15 jours avant la pousse de l’herbe. Il pourra être épandu aussi après déprimage* et tant que l’herbe continuera à pousser. On veillera bien sûr à respecter les périodes légales d’épandage ( mise aux normes, directive nitrate, conditionnalité des aides ).

S’il a été mis sur une parcelle où les animaux doivent pâturer ensuite, il faudra attendre un minimum de 3 semaines entre l’épandage et le pâturage.

*déprimage : première pâture de printemps.

Quelle quantité épandre ?

https://www.agri72.fr/bibliotheque_pdf/Infos%20Conseils/Elevage/Prairies/20171006_2017_FertiOrgaPrairie_versiondefinitive.pdf

La quantité à épandre sera fonction du type de lisier que vous produisez. Peu dilué, dilué ou très dilué. Car de la dilution dépendra le nombre d’unités d’azote au M3 ( mètre cube ) que contiendra votre lisier. On pourra épandre l’équivalent de ce que l’on aurait apporté avec une fumure classique type ammonitrate 33,5  ( 33,5 unités d’azote à l’ha ).

Il est à noter que contrairement aux rumeurs largement répandues, ainsi qu’à ma croyance,  le lisier n’acidifie pas les sols :  https://www.lgseeds.fr/fr/valoriser-l-engrais-de-ferme

Le Fumier :

La composition du fumier est, à l’origine, la même que le lisier (issu de  déjections animales ). La différence tient au fait que l’on rajoute dans la stabulation, de la paille ( mais ce peut être aussi des copeaux de certains bois ou d’autres issus de végétaux ). Le produit ainsi obtenu est solide contrairement au lisier qui est liquide. Une autre différence avec le lisier est qu’il n’est pas conseillé de l’épandre en l’état. On peut :

– soit le composter ( passage d’un retourneur d’andain )                                        -soit le stocker au champs pendant un an minimum. Ceci provoquera une montée de température au sein du tas de fumier qui s’assainira naturellement de cette façon.

A quel moment épandre son fumier ?

Le fumier se dégrade plus lentement que le lisier. On peut l’enfouir lors d’un retournement de parcelle, dans ce cas là, ce sera la première opération effectuée ( après désherbage si besoin ).

Sur prairie il est conseillé de l’épandre  à l’automne après la dernière coupe ou le dernier passage des animaux sur la parcelle. L’hiver, notamment avec l’effet ” gel-dégel “, finira ensuite de l’émietter. Si l’épandage est tardif en fin d’hiver, pour des raisons liées au climat le plus souvent ( automne trop humide pour permettre le passage du matériel ), je recommande de passer un coup de herse étrille après l’épandage.

Quelle dose/ha ?

Avec le fumier, il ne faut pas dépasser 40 Tonnes/ha, la prairie serait surchargée et la dégradation deviendrait laborieuse.

La CUMA à laquelle j’adhère possède un épandeur à fumier d’une capacité de 12 Tonnes. Sur mes prairies ( toute l’exploitation est en herbe ), j’ai l’habitude de mettre environ 1,5 à 2 épandeurs à l’hectare. ( laissez un commentaire si vous faites différemment, et si vous voulez apporter des précisions en particulier sur les parcelles avec travail du sol. )

La rumeur populaire prétend que les parcelles qui reçoivent du fumier résistent mieux à la sécheresse ! Quelqu’un pourrait il me dire s’il a le recul nécessaire pour vérifier ces dires ?

Le digestat :

On appelle Digestat le résidu ( plus ou moins solide ) du processus de méthanisation. L’autre résidu étant le gaz.

Mon exploitation fait partie d’une société utilisant ce processus de méthanisation. Elle est composée de plusieurs exploitations situées sur la commune d’Argences en Aubrac ( et limitrophes ) dans le Nord- Aveyron. Cette usine s’approvisionne uniquement avec les lisiers et fumiers produits sur les fermes environnantes qui adhèrent au projet.

Caractéristiques du digestat :

Le digestat peut être liquide ou solide.

Pour avoir une valorisation maximale d’un digestat sous forme liquide, il est impératif de l’épandre avec une tonne à lisier à pendillards.

Au contact de l’air, certains éléments peuvent se volatiliser comme l’ammoniac.

Au niveau de la matière organique, il y aura une perte de l’ordre de 30 % équivalente à un début de compostage.

Son niveau d’odeurs sera plus bas que le produit entrant.

Les éléments fertilisants ( NPK ) seront conservés mais sous forme différentes. L’azote organique ” stable ” ( N ) sera ainsi transformé en ammonium ( NH4+ ), mieux assimilable par les plantes, on parle de minéralisation de l’azote.

source : http://www.metha-paca.fr/wp-content/uploads/2018/06/ARE1805.201.ENV_.VALOMOII.Etude_Digestats_VF.pdf

En résumé, les déchets organiques de l’exploitation sont en fait une richesse pour l’agriculteur. Ils constituent une fumure naturelle des sols évitant l’emploi d’engrais chimiques. Les rendements et la nutritivité de la plante s’en trouvent améliorés ce qui profitera directement au troupeau lors du pâturage ou de la consmmation de foin.

Autant dire q’une bonne valorisation de vos engrais naturels vous permettra de mettre quelques sous en plus dans votre poche !

Tonne à lisier 7000 L .

Guide des livres à posséder pour être un parfait petit éleveur.

Après une formation ” initiation à l’homéopathie vétérinaire pour bovins ” on m’a conseillé d’acheter le livre “ Médecines naturelles en élevage, tome 1, Homéopathie vétérinaire chez les bovins, ovins, caprins. ” de Philippe Labre. Ce que j’ai fait et j’ai trouvé ce livre très pratique et très simple à utiliser afin de pouvoir soigner soi-même ses animaux en utilisant l’homéopathie.

Les Végans, l’avenir de l’humanité ?

Il était une fois :

Notre planète, comme tout ce qui se trouve dans l’univers à vocation à vivre, à produire et se reproduire.

L’animal sauvage, tel qu’on le connait, peut se trouver dans la situation d’être chasseur ou proie. Ou quelquefois les deux s’il se trouve en milieu de chaîne alimentaire. Les petits animaux se font manger par les plus gros et ainsi de suite.

Les herbivores ( bovins, équins, caprins, ovins … ) ont pour rôle de transformer les végétaux qu’ils absorbent, en muscle, comestible pour les animaux carnivores ou omnivores. C’est la dure loi de la nature, manger ou être mangé.

Et l’homme dans tout ça ?

Bien qu’étant un animal à la base ( enfin, sur ce qu’on en sait… ), l’homme a évolué différemment. Son cerveau s’est développé de telle sorte, qu’à ses instincts primaires de survie et de reproduction s’est greffée la possibilité de réfléchir, de raisonner.

Petit retour en arrière :

Le premier Homme est apparu sur terre il y a environ 4 millions d’années.

A ses débuts, il ressemblait plus à un singe marchant sur deux pattes qu’à l’homme du XXI ème siècle. Sa nourriture quotidienne était composée aux 3/4 de végétaux.

Vers 2 millions d’années avant notre ère, l’Homo Erectus  commence à manger plus de viande. Et aux alentours de 1 million d’années, les derniers hommes se nourrissant presque exclusivement de végétaux, s’éteignent, laissant la place aux omnivores.

C’est à cette époque qu’apparait l’Homo Sapiens, notre plus proche ancêtre. Il invente la cuisson et domestique les animaux : les moutons vers 9500 avant J.C et les bovins vers 8000 avant J.C.

source : http://www.la-viande.fr/culture-societe/homme-viande-travers-ages

Puis vint l’ère de l’ Homo Modernus :

Au fil des millénaires, l’homme s’est adapté à son environnement. Ses besoins ont évolué, et, pour les combler, Dame Nature lui a mis à disposition la chair animale. C’est grâce à un régime alimentaire varié, composé de fruits, de légumes et de viande que nous avons aujourd’hui ce corps avec ses capacités physiques et intellectuelles.

Mais aujourd’hui, une évolution inattendue se dessine : une marche arrière tendant à faire revenir l’homme à l’époque de ses premiers émois de bipède. L’Homo Modernus ne doit plus manger de viande ! Il en va de sa santé et de celle de la planète ! Place au végans !!!

 Qu’est ce qu’un végan ?

Un végan est une personne qui ne mange pas de viande mais qui, en plus, n’achète aucun produit dont la composition pourrait contenir un quelconque résidu animal ( par ex. : un produit cosmétique contenant de la gélatine de porc ou porter un manteau en fourrure de renard ). Mais dans ces végans, certains sont équilibrés et font leur vie sans embêter personne ( pour ne pas employer un autre mot ), tandis que d’autres voudraient coloniser la terre et imposer leur vision à l’Univers entier ! C’est celui là que j’appelle le végan extrémiste !

Cette branche de végans, se différencie par le fait que pour lui tous les moyens sont bons pour imposer sa philosophie au monde. Ces personnes veulent faire abolir l’élevage ( qu’il soit traditionnel ou industriel ) sur notre planète. Il faut faire disparaitre les mangeurs de vaches, cochons, dindons et autres pigeons de la surface de la terre afin que l’humanité nage dans le bonheur retrouvé avec Fanfan, Winnie et Bourriquet au Royaume des Bisounours ! 😇

Et malheureusement aujourd’hui ce sont eux que les médias prennent en considération !

Ce qui vous vous doutez bien ne plait pas aux industriels de l’agroalimentaire mais dérange aussi et surtout les éleveurs français qui font ce métier avec passion et élèvent leurs animaux de la meilleure façon possible !

 Comment en est-on arrivé là ?

Un facteur déterminant qui a fait que le mouvement végan s’est développé ces dernières années est dû a l’importance croissante donnée au bien être animal. Les extrémistes végans sont aussi et surtout spécistes, ils comparent les animaux  à l’homme. Pour eux, nous sommes tous sur le même pied d’égalité. Et pour ne plus tuer d’animaux et ne plus manger de viande, ce lobby a trouvé un argument qui fait mouche : la viande est mauvaise pour la santé de l’homme ainsi que pour la planète. Elle est responsable de tous les maux dont nous souffrons à l’heure actuelle ( maladies liées à la malbouffe, pollution, trou dans la couche d’ozone ).

 Pourquoi aujourd’hui ?

Ce mouvement n’aurait pu naître il y a de cela 60 ans. En 1955, presque un actif sur trois était agriculteur ( 27 % ). L’agriculture était familiale en grande majorité et chaque exploitation produisait pour nourrir une population locale ou régionale.

Depuis l’agriculture a évolué, les enfants des campagnes sont allés travailler en ville, les exploitations restantes se sont agrandies et un fossé s’est creusé entre citadins ( déconnectés du cycle de la vie ) et ruraux ( déconnectés de ce que sont devenus les citadins ).

Les végans sont-ils légitimes ?

Ce mouvement n’est pourtant pas arrivé là par hasard. Les abus de l’élevage industriel de masse en sont les premiers responsables. Après la guerre 39-45, il a fallu tout reconstruire. Et c’est durant les 30 glorieuses ( 1945-1973 ) que l’agriculture à commencé sa modernisation. Il fallait produire à tout va pour nourrir une population mondiale sans cesse croissante. Un peu plus tard dans les années 1990, on en est même venu à donner des farines animales à des vaches ! C’est comme ça qu’est apparu la maladie de la ” vache folle “.  Néanmoins ces abus ont rapidement été controlés. Il est à noter que la vache Aubrac n’a jamais eu à déplorer de cas de vache folle.

Les conséquences du Véganisme à grande échelle en France :

Si le véganisme s’installait à grande échelle en France, des conséquences économiques certaines seraient à déplorer pour le pays.

Sachons tout d’abord une chose : du fait que les agriculteurs n’élèveraient plus d’animaux sur leur ferme, très peu d’animaux d’élevage arriveraient à survivre de manière sauvage ( maladies, concurrence avec les animaux sauvages, prédateurs …).

Ensuite les territoires entretenus jadis par les animaux ne le seraient plus et seraient remplacés par des bois, des forêts. Avec la présence accrue de prédateurs comme l’Ours et le Loup.

Il faut aussi savoir que la France était en 2016 la première destination touristique mondiale. Le tourisme représentait plus de 7 % du PIB français. Croyez vous qu’un pays presqu’exclusivement composé du béton des villes, de forêts avec ses loups, ses ours et ses sangliers ainsi que de vastes plaines céréalières, serait aussi attractif ?

Enfin, la population d’éleveurs diminuerait sensiblement et d’après-vous un éleveur français engendre combien d’emplois liés à son activité ? Au total, en 2015, 3,2 % de l’emploi en France était lié à l’agriculture. Qu’en serait-il si la presque totalité des éleveurs disparaissait ?

Pour moi l’élevage français est sur les bons rails. Les éleveurs français doivent continuer à privilégier la production de viande ou de produits dérivés ( fromage par ex. )  sous signes officiels de qualités. Ils devront veiller à élever leurs animaux en pleine nature et privilégier des façons de travailler naturelles ( homéopathie, huiles essentielles, conduite d’exploitation raisonnée, bio, biodynamie ). Il devront continuer à respecter leurs animaux tout au long de leur vie sur l’exploitation  et obtenir des abattoirs une fin de vie des animaux sans souffrances ( allez dire ça aux abattoirs agréés halal … ). Et surtout, les éleveurs doivent mieux communiquer et plus sur leur métier, la manière dont ils travaillent et sont élevés les animaux. La guéguerre avec les végans ou même anti-spécistes sera à éviter et le meilleur moyen est de ne pas répondre aux provocations.

Car si l’on réfléchit un peu, les éleveurs ne sont ni bêtes ni spécistes. Ils comblent les besoins de leurs animaux, les aiment, les respectent. Un animal en bonne santé est agréable à regarder et apporte de la fierté à son éleveur. La fierté d’élever des bêtes sereines dans leur pré, de nourrir des gens sainement et de faire un métier en accord avec la nature !

 

Spécisme : attitude consistant à refuser indûment le respect envers la vie, la dignité, ou les besoins d’animaux appartenant à d’autres espèces que l’espèce humaine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cisme

 

Emplois liés à l’élevage :

https://gis-elevages-demain.org/content/download/3330/33942/version/2/file/Les+emplois+li%C3%A9s+%C3%A0+l%27%C3%A9levage+-+rapport+final+avec+annexes+VF.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 habitudes indispensables pour être zen au quotidien

 

Le métier d’agriculteur est pour moi, un des plus  beaux métiers du monde. Nous permettons aux habitants de cette planète de palier à l’un de ses besoins primaires les plus importants : se nourrir .

Malheureusement, comme dans tous les métiers, il arrive que des évènements stressants viennent perturber le bon fonctionnement de l’activité et ” nous ” par la même occasion. Pour savoir comment réagir lorsque cela arrive, je vais vous  indiquer 3 habitudes à prendre. Elles vous aideront à relativiser, à rester calme afin de prendre les bonnes décisions pour sortir gagnant de ces situations.

1-Aimer sa vie d’agriculteur :

Comment aimer ce métier quand des coups durs arrivent  ( matériel en panne, animaux malades, période de sécheresse… ) ? Une astuce simple est à votre disposition :

Rappelez vous du jour où vous avez décidé de faire ce métier,de la source de motivation ainsi que l’état dans lequel vous vous trouviez quand vous avez pris cette décision. Non seulement rappelez-vous mais ressentez aussi ( les émotions positives que vous éprouviez, l’enthousiasme qui vous habitait ), ressentez au plus profond de vous  afin que chaque matin au réveil vous éprouviez  la joie, la sérénité, le bonheur de pouvoir exercer le métier que vous aimez le plus au monde !

2-  la veille, organiser la journée du lendemain :

Afin que la journée de travail se passe dans les meilleures conditions possibles. Si vous avez déjà tout planifié, vous serez plus efficace, perdrez moins de temps à chercher par quoi commencer. De ce fait le travail semblera plus facile, vous serez plus serein et tout se déroulera le mieux du monde !

3- Le matin se motiver, le soir se rappeler !

Pour que tout se passe comme vous l’avez prévu la veille, ayez un petit rituel le matin quand vous vous réveillez. Vous pouvez par exemple, commencer à vous étirer les jambes, puis le dos et enfin les bras. Pour ma part, de suite après, j’ai pour habitude de mettre une musique un peu rythmée ( type ITALOBROTHERS : Radio Hardcore par exemple 😜 !!! ) et de danser, sauter pour bien agiter les quelques cellules qui seraient encore somnolentes ! Et une fois que vous êtes bien réveillé, relisez vos notes afin de savoir quel est le programme de la journée. Prenez 5 mns pour penser à ce que vous allez faire en premier et vous aurez déjà commencé la journée de la meilleure des manières qui soit !

Le soir, après avoir noté ce que vous avez à faire pour le lendemain, endormez-vous en repensant aux actions que vous avez effectuées dans la journée et qui vous ont satisfait. La sensation d’une journée bien remplie, du travail accompli, vous permettra de tomber dans les bras de Morphée en un clin d’oeil !

Pour conclure :

Ne vous apitoyez jamais sur votre sort, vous seul(e)êtes maître de votre vie !!!

Souvent je repense à pourquoi j’ai choisi ce métier d’éleveur de vaches ” Aubrac “. La profession que l’on exerce trace un chemin, celui qui nous mène vers l’accomplissement de nos rêves. Ce n’est que le moyen d’atteindre nos objectifs, ceux que l’on s’est fixés à court, moyen et long terme.

Pourtant, nous passons beaucoup de temps dans notre activité,

35, 50 voir 70 heures/semaine, alors autant y prendre du plaisir en étant zen et serein !

 

Cet article participe à l’évènement ” 3 habitudes indispensables pour être zen au quotidien ” du blog d’Olivier ROLAND  Habitudes zen. J’apprécie beaucoup ce blog et en particulier l’article 10 bonnes habitudes pour passer d’excellentes journées.

Comment s’adapter au changement climatique !

Je me suis installé le 05 Janvier 2003. Et c’est précisément cette année là que je connus ma première vraie sécheresse estivale.

En 2003, du 15 juillet au 15 Septembre nous émondions 3 à 4 frênes/jour afin de nourrir une vingtaine de vaches et leur progéniture. Sans oublier Filou, le taureau charolais dédié à ces dames ! Le terrain était sec certes mais il faisait, en plus, une chaleur inhabituelle, la canicule ! Entre 12H et 18H il était très difficile de faire un travail demandant une activité physique soutenue.

Il fallut attendre le week end du 7 Septembre pour voir la fin de cette sécheresse. En 2 jours, il éclata 3 orages qui nous firent gagner entre 120 et 160 millimètres d’eau. L’agriculteur que j’étais se sentait soudain plus serein en voyant cette pluie fine tomber sans discontinuer. Par contre le Président du Foyer Rural de La Terrisse dont j’assumais la fonction, lui , l’étais moins, car ce week end là se déroulait notre fête de village ! Inutile de vous dire que ce ne fût pas l’affluence que nous avions prévue ! Malgré cela le bonheur se lisait sur les visages des habitants de ce bourg ( en grosse majorité des Agriculteurs ) soulagés de voir qu’ENFIN, le ciel était de leur côté.

S’ensuivit un bel automne qui permit aux vaches de brouter de l’herbe jusqu’aux environs de Noël.

Depuis, les sécheresses estivales se font de plus en plus fréquentes. La dernière en date est celle de cet été ( 2018 ) qui a commencé au 1er Juillet dans notre région et qui dure. Aucune pluie significative n’a été constaté jusqu’à aujourd’hui ( 25 Octobre ).

L’autonomie : La clef pour s’adapter :

Plus votre système d’exploitation sera autonome et plus facilement vous pourrez vous adapter au changement climatique !

1-Moins d’animaux :

Avoir un nombre de bêtes maîtrisé en rapport avec sa surface sur son exploitation  permet plusieurs choses :

-Economiser l’herbe au printemps, moins faire déprimer ( pâturage rapide avant la première coupe ) et peut-être épargner quelques hectares qui seront exclusivement destinés à faire des réserves pour l’hiver.

-des charges d’alimentation et vétérinaires allégées

-des besoins en engrais plus faible

-des estives qui n’auront plus lieu d’être

-des heures de travail libérées pour éventuellement développer la vente en circuit court.

En effet, pour avoir un chiffre d’affaire équivalent voir supérieur effectué avec moins de vaches, une plue-value par bête vendue sera nécessaire. Même si nous l’avons vu plus haut certaines charges opérationnelles ( liées à la production ) diminueront sensiblement.

2-Comment vendre plus cher ?

Une façon de mieux valoriser ses bêtes passe par les circuits courts comme la vente directe. Avec ce système, c’est vous qui fixez le prix du kilo de viande. Vous contrôlez ainsi la marge dégagée pour chaque animal vendu.

Une autre façon consiste à vendre un produit en filière qualité ( Label Rouge, IGP, BIO, AOC* ).

Là aussi il faudra étudier les avantages et inconvénients de ces démarches. Je vais prendre l’exemple du Label Rouge Boeuf Fermier Aubrac qui permet de valoriser des vaches de race Aubrac âgées de 30 à 120 mois. Certaines conditions du cahier des charges feront que des exploitations ne pourront adhérer au système ou qu’il ne sera pas rentable pour elles ( lieu d’abattage agrée trop éloigné du siège d’exploitation, finition des animaux avec rations composées de maïs, poids de carcasse trop faibles, conditions d’élevage ).

Néanmoins la plupart des élevages français trouveront une filière qualité adapté à leur système de production.

3-Des bâtiments adaptés :

Selon les zones de production , certains types de bâtiments seront plus adaptés que d’autre. Il faudra désormais se poser la question de la paille. Pour les bâtiments éloignés des zones de production céréalières faut-il continuer à faire des stabulations libre ? Quand le prix d’arrivée de la paille fluctue entre 120 et 130 Euros la tonne.

4-Le pâturage tournant :

Le pâturage tournant peut-être une des adaptations à envisager face au changement climatique. En effet, un seul point d’eau alimente plusieurs parcelles. De plus la ressource en herbe sera gérée de manière optimale et les refus seront limités. Des formations sur ce thème se font régulièrement par l’intermédiaire des chambres d’agriculture.

5-Optimiser ses ventes :

En cheptel allaitant, un système basé sur le fait de faire naître uniquement, pose un problème que dévoile le changement climatique. Les mères sont là et restent toute l’année. Si vous diminuez cet atelier naisseur et que, pour compléter, ce ne soit plus des mères à veaux mais des bêtes à vendre, ( engraissement de génisses, production de bourrets d’herbe, de vaches grasses … ) vous assouplirez le système. Car une année sèche, une partie des animaux présents sur l’exploitation la quitteront obligatoirement. Et suivant l’herbe ou les stocks disponibles, vous déciderez de la période de vente la plus propice. Ceci implique toutefois de bien calculer la marge brute qui sera réalisée/animal vendu. Car les charges d’alimentation pour un atelier d’engraissement peuvent être importantes si l’on doit acheter toute la marchandise.

6-Entretenir les parcelles :

Une parcelle fanable et qui plus est, à fort rendement sera un atout en cas de sécheresse. De même des prairies renouvelées régulièrement  repousseront plus vite.

Maintenir des haies permettra aussi de garder des zones d’ombre moins séchantes où l’herbe pourra être plus abondante. Ces haies donneront par ailleurs aux animaux l’occasion de se protéger du soleil aux moments les plus chauds de la journée.

Pour faire court :

En résumé, une exploitation autonome et bien entretenue sera une exploitation rentable y compris en  période plus compliquée comme l’est une sécheresse.

Trouver différents moyens de faire une plue-value sur les produits à vendre amènera un plus qui confortera financièrement l’exploitation en cas de crise. De même que diversifier les produits et les périodes de vente.

 

 

 

 

*IGP : Indication Géographique Protégée

*BIO : Produit issu de l’Agriculture Biologique

*AOC : Appellation  d’Origine Contrôlée

 

Miam, la feuille de frêne !

Nous sommes le 23 Septembre 2018 à La Terrisse, petit village situé sur la commune d’Argences en Aubrac dans le Nord-Aveyron. A l’heure où j’écris cet article cela fait un peu plus d’un mois que je fais de la feuille de frêne à 16 vaches et leurs 18 veaux .

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vu mon père élaguer les frênes en été. Surtout lors de périodes sèches. En effet, les vaches sont très friandes de la feuille de cet arbre. Et cela est bien pratique quand l’herbe commence à se faire rare.

Pourquoi la feuille de frêne ?

Emonder les frênes en été a une double utilité : nourrir les bêtes et avoir du bois pour se chauffer l’hiver.

1-La feuille de frêne comme aliment :

La feuille de frêne fraîchement coupée est très riche et remplace aisément le foin ( voir tableau ci-dessous ). Elle est de plus, très appréciée des ruminants ( bovins, ovins ou caprins ).

L’hiver, la feuille de frêne séchée est encore utilisée dans quelques exploitations de l’Aubrac comme aliment complémentaire pour les lapins ou les jeunes veaux qui commencent à y goûter vers l’âge de 15 jours.

Elle est récoltée en fin d’été et stockée en fagots à l’abri où elle va lentement sécher. Elle sera consommée durant l’hiver suivant.

Il faudra veiller à la stocker dans un endroit sec. Sinon elle risque de moisir et devient alors impropre à la consommation.

 

sans_t11.jpgsans_t12.jpg

source : www.Servimg.com

2-Le bois de frêne comme moyen de chauffage :

Le Frêne constitue un excellent bois de chauffage.

C’est un bois dense qui nécessite donc un bon temps de séchage ( 1 an minimum ).

Il fait partie des bois durs, sa combustion est lente ( plus lente que le hêtre mais plus rapide que le chêne ) et totale. Il permet donc un feu lent et procurant une bonne chaleur.

Autre point positif, il ne produit pas d’étincelles et peut s’utiliser aussi bien en cheminées ouvertes qu’en foyers fermés.

Enfin sa belle flamme claire et nuancée de reflets rosés lui donne un aspect très agréable à regarder.

Autrefois il était utilisé pour chauffer les fours à pain.

Autre utilisation :

La feuille de frêne présente pour l’homme plusieurs propriétés :

Elle est à la fois anti-oxydante ( ralentit le vieillissement des cellules ), anti-inflammatoire, diurétique ( qui augmente la sécrétion urinaire ), fébrifuge ( fait baisser la fièvre ) et laxative ( c’est quand on va au WC et qu’on repeint tout du sol au plafond ! ).

1-Tisane de feuille de frêne :

On peut déguster la feuille de frêne en tisane. Pour cela on utilisera des feuilles séchées issues d’une cueillette de printemps ( les feuilles doivent être jeunes ).

Recette de grand-mère simple :

Jeter quelques bouts de feuille dans un litre d’eau bouillante. Laisser infuser 10 mns. Boire tout au long de la journée.

2-La frênette :

Il est aussi possible de consommer la feuille de frêne sous une autre forme. Une  boisson légèrement alcoolisée que l’on appelle ” frênette “.

Recette de grand-mère plus élaborée :

Il vous faut :

-100 à 125 feuilles de frêne recouverte de manne (substance gommeuse, collante issu de la piqûre d’un puceron ).

-10 litres d’eau.

 

Placer les feuilles dans une jarre en les tassant puis recouvrir d’eau tiède (environ 40°).

Placer un torchon de coton propre sur les feuilles afin qu’elles restent dans l’eau. Laisser macérer dans une pièce entre 22 et 25° ou au soleil. Le lendemain, retirer le torchon, remuer les feuilles, remettre le torchon puis remettre à macérer dans les mêmes conditions pendant 2 jours. Recommencer l’opération encore une fois puis laisser macérer dans les mêmes conditions pendant 1 semaine (quelques jours de plus s’il ne fait pas assez chaud).

A la fin de la macération, filtrer le liquide obtenu, et le mettre dans des bouteilles de verre de type bouteilles de limonade.

Laisser reposer les bouteilles couchées pendant une à deux semaines dans une cave fraîche.

La frênette est prête à être dégustée !

 

 

 

Les 4 sources principales d’aides au revenu de l’éleveur

Au départ j’ai choisi le métier d’éleveur car j’aime le contact avec les animaux. Mais ce n’était qu’une des nombreuses raisons qui m’ont poussé dans cette voie. L’autre raison principale c’est … la liberté ! Je pensais pouvoir gérer mon exploitation comme je l’entendais, développer les productions que je voulais sans avoir de comptes à rendre ! Et oui, je suis un doux rêveur, à la limite de l’utopie quelquefois. A l’heure de mon installation, je suis quelque peu tombé de mon joli nuage blanc ! Sans les aides et subventions vous pouvez difficilement dégager un revenu décent en étant agriculteur européen ! A moins d’adopter une valeur chère à Pierre Rabhi : la Sobriété.
Je ne suis pas sûr que la majorité des agriculteurs soient prêts à adopter ce système en 2018. Donc par précaution, je vais quand même vous donner la liste des principales catégories d’aides et subventions, susceptibles d’augmenter légèrement votre revenu disponible !

1- Les aides à l’installation :

Quand je me suis installé en 2003, 2 types d’aides étaient octroyées aux JA lors de leur installation :

-La DJA ( Dotation Jeune Agriculteur )
-Les Prêts Bonifiés. L’état prenait en charge une partie du coût de l’emprunt, ce qui permettait à la banque de proposer au JA la possibilité d’emprunter à un taux attractif ( il était à 2 % en 2003, est passé à 1 % quelques années après, jusqu’en 2017 ).

Depuis 2017, les prêts bonifiés ont été supprimés et ont laissé place à une revalorisation de la DJA. En moyenne un JA qui s’installait en 2017 touchait une aide de 20 000 Euros. Cette DJA était encore revalorisée si l’installation se faisait en zone défavorisée ou zone de montagne.

Condition d’obtention de la DJA :

-Etre ressortissant de l’Union Européenne.
-Il faut au moins avoir un diplôme niveau IV ( équivalent bac ).
-Etre âgé de 18 au moins et 40 ans au plus au moment du dépôt de la demande.
-S’installer pour la première fois au titre d’exploitant individuel ou associé-exploitant dans une société.
-Avoir un projet d’installation viable dans un plan d’entreprise établi sur 4 ans.
-Avoir la capacité à tenir les engagements pris dans le plan d’entreprise.

A noter qu’une partie des cotisations sociales du JA sont prises en charge sur les 5 années suivant son installation.
Les assurances en général offrent aussi quelques avantages.

2- Les Aides PAC :

La PAC ( politique agricole commune ) a été crée en 1962 par les 6 premiers états membres de l’Union Européenne ( Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, France, Portugal, Italie ). Son but était de donner à l’Europe une plus grande autonomie alimentaire. Cela devait passer par une augmentation de la productivité du secteur, une amélioration du revenu des agriculteurs ainsi qu’un meilleur approvisionnement des consommateurs européens.

les aides PAC sont délivrées après avoir rempli une déclaration annuelle. Pour les petits agriculteurs un paiement annuel unique, allant de 500 à 1250 Euros peut leur être versé. Ils n’ont pas obligation de remplir de dossier trop compliqué ni de respecter la conditionnalité ou même le verdissement.

Les agriculteurs peuvent compléter leur déclaration eux-mêmes. Néanmoins les offices de gestion ou comptables privés proposent des journées pour aider à remplir ces formulaires quelquefois difficiles à comprendre.
Ces déclarations se font en ligne avec un code Télépac attribué à chaque exploitation et différent chaque année.
Ces subventions ont des budgets à la fois européens et français et donc leurs conditions d’obtentions et leurs financements sont discutés à ces deux niveaux.

La PAC est divisée en 2 piliers. Le plus important est le premier pilier.Il représente 80 % du budget total de la PAC et englobe toutes les aides portant sur le soutien des marchés et le revenu des agriculteurs.

Le premier pilier est composé de subventions :
– aux productions végétales ( herbe, céréales, maïs, oléagineux, protéagineux … )
– aux productions animales ( prime à la vache, la brebis, la chèvre, la jument allaitante …)
– environnementales ( Mesures Agro-Environnementales : MAE )
– à la conversion en agriculture biologique

Le second pilier est celui du développement rural, il représente 20 % du budget total de la PAC.Il soutient les projets visant à améliorer la vie des agriculteurs.
Si ce sujet vous intéresse, voici un lien qui vous permettra d’en savoir plus : https://www.supagro.fr/capeye/

3- Les subventions à la construction ou la rénovation de bâtiments agricoles :

Un bâtiment est bien souvent un gros investissement pour une exploitation. Heureusement depuis plusieurs années et régulièrement, des plans destinés à aider les constructions ou rénovations de bâtiments sont montés.
Ces plans sont financés par l’Union Européenne, l’Etat français et les Régions.

Plusieurs facteurs vont faire varier le montant des subventions que l’ont pourra espérer toucher :

– Le montant total de l’investissement.
– Le fait d’être Jeune Agriculteur ou pas.
– Si c’est une société et a t-elle la transparence* ou pas ? ( dans ce cas de transparence les plafonds sont multipliés par le nombre d’exploitations regroupées ).
– la destination finale du bâtiment ( un bâtiment qui logera des animaux sera plus aidé qu’un hangar servant de stockage uniquement ).
– La région où le bâtiment sera implanté ( les régions ont un budget différent alloué à ce secteur ).

*Pour savoir ce qu’est la transparence dans un GAEC, vous pouvez vous référer au lien suivant : http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/Transparence_GAEC_cle039e31.pdf

4-Les aides à l’équipement :

Le matériel destiné à l’élevage, à son tour peut-être subventionné.
Là aussi la nature du matériel à subventionner est différente suivant le département ou la région dans laquelle vous vous trouvez. En effet la production dominante diffère d’une région ou d’un département à l’autre. Il sera très dur de se faire subventionner une arracheuse de pieds de vigne dans le Nord-Aveyron alors qu’au milieu des vignes du Haut-Médoc, vous pourrez difficilement demander des aides pour un couloir de contention !

Les financeurs sont identiques à ceux des bâtiments agricoles ( Union Européenne, Etat, Région ) avec peut-être une proportion plus importante du rôle des régions pour ce qui est des équipements ( les investissements sont plus à leur portée car les coûts sont moindres ).

Pour avoir droit à ces aides, un dossier doit être monté. En règle générale une enveloppe est alloué tous les 5 ans.La chambre d’agriculture a la qualification nécessaire pour déposer ces dossiers. Et si vous payez une cotisation ” appui technique ” à une organisation de producteurs ( CELIA, UNICOR, ADEL, l’ EUROPEENNE, etc … ), son rôle sera aussi de vous aider dans ces démarches.

Conclusion :

Aujourd’hui, les aides et subventions sont indispensables à la survie des exploitations. Particulièrement dans le secteur de l’élevage bovin. En effet le prix au kilo d’un broutard de 8-9 mois à destination de l’Italie reste inchangé depuis les années 1970 !
Seulement voilà, à cette époque notre baguette de pain bien Française valait 0,60 Francs alors qu’aujourd’hui elle coûte 0,87 Euros ! Un prix quasiment multiplié par 10 !!!

Alors amis éleveurs, continuez à manger du pain bien sûr mais surveillez aussi vos mails ! ( il y a peu de temps, j’aurais dit ” surveillez votre courrier ! ” ) Une déclaration de surface mal faite ou l’oubli malencontreux d’ une déclaration brebis allaitante peut vous faire perdre beaucoup de sous !